De 19 juny 2026 00:00h
a 22 juny 2026 23:59h
Choisissez votre langue
T. minimal: 14ºC T. maximum: 31ºC
T. minimal: 14ºC T. maximum: 28ºC
T. minimal: 12ºC T. maximum: 29ºC
Au milieu du chemin Les Pardines, l’un des itinéraires les plus appréciés et accessibles de la paroisse d’Encamp menant au lac d’Engolasters, se trouve un ancien abri de montagne. Ce petit espace, qui servait à l’origine à protéger les visiteurs de la pluie pendant le parcours, a aujourd’hui été réhabilité et revalorisé pour devenir un point d’intérêt touristique, culturel et artistique.
Naît ainsi l’Abri de la légende des sorcières du lac d’Engolasters, un espace dédié aux légendes et à la mémoire populaire, qui invite le visiteur à faire une pause et à découvrir un nouveau regard sur ce lieu emblématique.
À l’intérieur, le visiteur découvrira une fresque de grand format inspirée du lac et de la légende des sorcières, œuvre du peintre et sculpteur Àngel Calvente. Cette intervention artistique invite à plonger dans l’imaginaire collectif lié à cet endroit et à en redécouvrir le symbolisme.
À l’extérieur, un totem surmonté d’un chat noir —également créé par l’artiste— agit comme un élément d’appel et de réflexion. Traditionnellement associé à la magie et à la superstition, le chat noir nous relie à une iconographie profondément enracinée dans le récit populaire.
Cet espace va toutefois au-delà de la légende. Le projet intègre une dimension historique et pédagogique visant à mettre en valeur la mémoire des femmes accusées de sorcellerie dans les vallées d’Andorre, et plus particulièrement dans la paroisse d’Encamp. Loin des mythes, ces accusations faisaient partie d’un contexte de persécution et de stigmatisation.
L’abri devient ainsi un lieu de pause, de contemplation et de réflexion, où la légende, l’art et l’histoire dialoguent pour offrir une nouvelle lecture de ce patrimoine immatériel.

Le lac d’Engolasters est l’un des lieux les plus magiques et énigmatiques d’Andorre, et aussi le théâtre de l’une de ses légendes les plus connues.
Selon la tradition populaire, la nuit de la Saint-Jean, les sorcières de tout le massif pyrénéen se réunissaient au bord du lac pour célébrer leur grand sabbat. On disait qu’elles arrivaient en volant de nombreux endroits : des vallées d’Andorre, mais aussi du Canigó, du Puigmal ou du Cadí.
À minuit, lorsque la lune illuminait les eaux du lac, la célébration commençait. Les sorcières dansaient en cercle autour du diable, qui présidait la réunion sous la forme d’un bouc. Entre musique, cris et rituels, elles partageaient sortilèges et secrets.
La curiosité attirait également certains jeunes des villages voisins, qui montaient en cachette jusqu’au lac pour les observer. Mais s’ils étaient découverts, les sorcières leur jetaient un sort qui les transformait en chats noirs, condamnés à participer à la danse jusqu’à l’aube. Au lever du soleil, le lac retrouvait son calme et les jeunes se réveillaient sans aucun souvenir de ce qui s’était passé.
Une autre croyance explique que le nom d’Engolasters viendrait de « engloutir les étoiles ». Selon la tradition, les étoiles filantes qui traversent le ciel lors de la nuit de la Saint-Laurent finissent par se plonger dans les eaux du lac, comme si celui-ci les avalait.
Au-delà de la légende, les accusations de sorcellerie font aussi partie de l’histoire de l’Andorre.
Entre les XVe et XVIIe siècles, dans la paroisse d’Encamp, des dizaines de femmes furent accusées de sorcellerie par leurs voisins : on les rendait responsables de maladies et de morts de personnes et de bétail. Beaucoup furent jugées par le Tribunal des Corts andorran, qui les condamna à des peines telles que l’exil, la mort par le feu ou par pendaison, ainsi que la confiscation de leurs biens.
Une grande partie de ces procès a disparu, mais certains sont conservés aux Archives nationales d’Andorre. Aujourd’hui, on peut identifier un total de 34 personnes d’Encamp (32 femmes et 2 hommes) accusées de sorcellerie entre 1450 et 1661. Certaines réussirent à fuir, mais au moins sept furent exécutées et d’autres bannies des vallées.
Liste des personnes accusées de sorcellerie à Encamp entre 1450 et 1661
Ces cas montrent que derrière les mythes et l’iconographie populaire se trouvaient des personnes et des faits bien réels. Souvent, les accusations répondaient à la peur, à des croyances profondément ancrées ou au besoin de désigner des responsables face aux difficultés de l’époque.
Aujourd’hui, cet espace se veut aussi un lieu de mémoire et de réflexion, invitant à porter un nouveau regard sur le passé afin de mieux le comprendre et de rendre visibles les femmes qui en furent victimes.
Où?
Camí de les Pardines
L'année entière